Discours Royal
Discours Royal
Message Royal
Mesdames, Messieurs,
L’Administration marocaine, qu’elle soit centrale ou locale, aborde aujourd’hui un tournant majeur, qui exige que ses responsables s’impliquent avec vigueur dans la dynamique de changement économique et social à l’œuvre dans notre pays; un tournant qui suppose également un accompagnement conséquent des politiques publiques menées et des chantiers de développement lancés.
La mise en œuvre de mégaprojets structurants, notamment dans les domaines de l’industrie, de l’agriculture, des infrastructures et des énergies renouvelables, nous a permis, dans un premier temps, d’engranger d’importants acquis.
Néanmoins, tel qu’il a été initialement conçu, notre modèle de développement a atteint ses limites et se révèle, désormais, inapte à générer des bénéfices en termes de développement global. S’il ne répond plus aux attentes des citoyens, c’est qu’il se heurte à de multiples carences, notamment le rendement insuffisant de l’Administration, son faible potentiel en compétence et en créativité et l’absence d’une bonne gouvernance administrative.
Nous avons appelé précédemment à l’élaboration d’un nouveau modèle de développement pour appréhender les défis présents et à venir. Aujourd’hui, Nous lançons un appel pour que la notion de service public soit inscrite au cœur de ce modèle grâce à une réforme globale et profonde de l’Administration marocaine.
Nos observations critiques sur le rendement et l’efficacité de l’Administration publique sont parfois sévères. Mais ceci ne veut nullement suggérer que cette Administration ne remplit pas son rôle. Le but n’est pas non plus de dévaloriser les compétences apportées par ceux qui y travaillent, ni de déprécier les efforts consentis pour accroître sa performance. Nous savons parfaitement que l’appareil administratif de notre pays connait, depuis des années, une évolution significative. En outre, Nous avons connaissance des remarquables réalisations dont il peut se prévaloir, des grands chantiers qu’il a contribué à faire aboutir.
En définitive, ce que Nous voulons, c’est hisser la productivité de l’Administration à des niveaux supérieurs et l’infléchir pour qu’elle s’adapte aux changements intervenus à l’échelle nationale, qu’elle assimile les dynamiques d’évolution à l’œuvre au niveau mondial, et qu’elle contribue à relever les défis de développement auxquels est confronté notre pays.
C’est pour ces raisons que Nous avons constamment insisté sur la nécessité de réformer l’Administration et de mettre à niveau les ressources humaines dont elle dispose. Pour notre pays, le choix est stratégique dans la mesure où une telle orientation permettra indéniablement d’asseoir les fondements du modèle de développement que Nous appelons de nos vœux.
Ainsi, l’Administration pourra élaborer et développer, dans des domaines variés, des politiques publiques efficaces et efficientes.
En effet, dès Notre Accession au Trône de Nos Glorieux Ancêtres, Nous avons œuvré avec célérité à la mise en place du nouveau concept d’autorité car Nous considérons qu’il constitue un préalable essentiel pour développer la performance de l’Administration et conforter son attachement aux règles de bonne gouvernance. Il s’agit, in fine, de satisfaire les demandes croissantes des citoyens, d’appuyer l’action dédiée à la réalisation de la justice sociale et de préserver la dignité humaine.
Nous avons également veillé à ce que le principe de bonne gouvernance soit inscrit au cœur de la Constitution comme une condition préalable à l’organisation et à la gestion du service public.
En effet, la bonne gouvernance implique nécessairement primauté du mérite, intégrité, transparence et égalité des chances pour l’ensemble des Marocains. Nous nous attachons aussi à rendre opérationnel le principe constitutionnel de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes. De même, Nous mettons un point d’honneur à faire valoir les valeurs patriotiques dans le travail quotidien de l’Administration, et à les inscrire comme référentiel immuable dans les domaines de la planification, de l’exécution et de l’évaluation des politiques publiques.
D’une manière générale, la nouvelle réforme de l’Administration doit s’articuler autour de la valorisation du capital humain, du renforcement de l’encadrement et de l’amélioration de l’accueil des usagers. Elle doit également prêter une attention particulière aux domaines de l’administration numérique et de la gestion déléguée des services, qui constituent des leviers incontournables de modernisation de la gestion administrative.
Nous considérons que la performance et l’efficacité des services publics sont tributaires du respect par les fonctionnaires de la sacralité du service dont ils ont la charge et de leur attachement aux principes de rigueur et de responsabilité qui sont les leurs. Ces valeurs doivent rester la boussole qui guide la voie à suivre pour promouvoir la culture du service public et celle de l’évaluation permanente de ses performances.
